Barbet sources:1891

1891 – “Les races françaises de chiens d’arrêt” – J. de Coninck; dessins de P. Mahler”

1891-les-races-francaises-de-chiens-darretj-de-coninck21891-les-races-francaises-de-chiens-darretj-de-coninck11891-les-races-francaises-de-chiens-darretj-de-coninck3“Le barbet est une sorte de griffon,à poils laineux et frisés ; il est à peu près bâti comme lui mais est beaucoup plus commun comme forme. Sa tête est ronde, les sourcils couvrent les yeux, le museau est plus court, les pattes sont grosses et lourdes, ses pieds ronds et larges. On en trouve un peu de toutes les couleurs.

On donnait autrefois le nom de barbet à tous les grif- fons, et c’est plutôt pour établir la différence entre lui et les griffons poils longs, que j’en donne la description, car le barbet ne peut pas être absolument considéré comme chien d’arrêt.

Il y en a certainement qui chassent en plaine et qui arrêtent, mais c’est l’exception et on trouve de ces cas dans bien d’autres races. J’ai vu des bassets et des beagles qui arrêtaient et on ne les a jamais considérés comme chien d’arrêts.

La vraie chasse du barbet est le marais, il résiste admi- rablement aux froids les plus durs; il chasse très bien les râles et excelle à rapporter les canards dans l’eau glacée. Sa conformation et l’épaisseur de sa toison l’empêchent de chasser en plaine et au bois, où ses poils se prennent dans les ronces. Il faut donc plutôt considérer le barbet comme un retriever pour les chasses au marais.

Cette race, si tant est qu’elle existe encore à l’état de race, est assez rare et ce n’est guère qu’en Belgique ou en Hollande qu’on pourrait en trouver. M. Mégnin, dans son nouveau livre sur les races de chiens, nous parle de Pilote, barbet appartenant à M. Coste, et voici ce que lui en a dit son propriétaire : « Comme pour ses ancêtres, l’élément de Pilote c’est l’eau, rien que l’eau, et qu’elle soit tiède comme en août ou glaciale comme en décembre, le bain est toujours un plaisir pour lui. Il ferait, je crois, triste figure dans une plaine, je ne l’y ai du reste jamais conduit. Au marais seul. il est sur son terrain et chez lui. Je l’ai souvent ramené de la chasse le poil hérissé de glaçons, jamais il n’en a paru incommodé une seconde. Souvent par les plus grands froids de l’hiver, à 18 ou 19 degrés au-dessous du zéro, alors que tous ses compagnons de chenil se pelotonnaient frileusement dans la paille, je l’ai trouvé couché dans la cour, le museau allongé sur ses pattes, couvert de neige et littéralement poudré à frimas, le lendemain sa place était marquée dans la neige fondue sous lui jusqu’au sol. je me demande si beaucoup d’autres races offrent de pareilles ressources de tempérament et surtout un tel dédain des basses températures. Quel précieux auxiliaire pour le chasseur de sauvagine dans le service exceptionnellement dur de cette chasse? car il rapporte par plaisir et il aime à patauger plus encore que son maître, si jeune et si enragé qu’il soit. »

Description du Barbet d’arrêt.

TÊTE: Ronde, front développé, museau un peu court, garni de longues moustaches pendantes.

OREILLES. Longues, plates, garnies de longs poils, frisésou par mèches.

OEIL Rond, vif,’ intelligent, complètement recouvert par d’épais et longs sourcils retombant jus- qu’au chanfrein.

NEZ Brun ou noir. Cou Gros et court.

ÉPAULE. Droite..

POITRINE. Large, sans beaucoup de profondeur.

CÔTES Arrondies.

REIN. Court, fort et vigoureux.
PATTES Fortes et grosses, garnies de longs poils de haut en bas.

PIED. Rond, large, recouvert de poil.

FOUET Relevé et formant le crochet vers l’extrémité.

COULEUR. Gris, noir, café au lait. blanc sale, blanc et marron, etc.

POIL. Long, laineux et frisé, se massant souvent par larges plaques.

TAILLE.. 45 à 55 centimètres.

APPARENCE GÉNÉRALE : Ramassé et vigoureux.